Voici la raison pour laquelle la dengue est mortelle en Inde!

Il s’avère que la génétique rend les Asiatiques et les Européens vulnérables à la dengue sévère, selon une nouvelle étude. Alors que la mondialisation et le changement climatique propagent les maladies infectieuses tropicales dans le monde, toutes les populations n’ont pas le même degré de sensibilité. Lire aussi – Une fièvre soudaine et élevée peut être la dengue: faites attention aux autres symptômes d’avertissement
Une étude menée par des chercheurs de l’Institut Pasteur, du CNRS et de l’Institut de recherche et d’innovation en santé-Université de Porto (i3S) a identifié des variantes génétiques courantes chez les personnes d’ascendance asiatique et européenne, les rendant plus sujettes que celles d’origine africaine à développer une dengue sévère, qui peut entraîner un syndrome de choc de la dengue potentiellement mortel. Lire aussi – La dengue frappe à nouveau: sachez comment faire face à cette maladie transmise par les moustiques
La dengue est endémique dans les régions tropicales et subtropicales d’Asie de l’Est et des Amériques, mais le virus responsable de la maladie s’est récemment propagé en Amérique du Nord et en Europe en raison de l’introduction de ses vecteurs – les moustiques du genre Aedes – dans ces régions. Le virus de la dengue peut entraîner un large spectre de maladies, allant de la dengue classique (DF) au syndrome de choc de la dengue potentiellement mortel (DSS). Lire aussi – Dengue: tout ce que vous devez savoir sur cette maladie transmise par les moustiques
La diversité ethnique a longtemps été considérée comme l’un des facteurs expliquant pourquoi les formes sévères de la dengue sont plus répandues en Asie du Sud-Est qu’ailleurs, comme cela a déjà été montré dans la recherche épidémiologique, mais le phénomène n’a jamais été expliqué par la génétique humaine.
Dans le nouveau travail, l’équipe d’Anavaj Sakuntabhai a étudié la génétique de 411 patients admis avec une infection par le virus de la dengue dans trois hôpitaux en Thaïlande entre 2000 et 2003. Les chercheurs ont identifié deux gènes liés à l’inflammation des vaisseaux sanguins qui confèrent un risque de dengue sévère, et quatre les gènes liés au métabolisme qui affectent le risque de dengue classique.
D’autres expériences ont montré que les variations des gènes entraînaient des changements observables dans la dynamique cellulaire. De plus, une comparaison avec les bases de données génétiques d’individus d’origine africaine et européenne a montré que la prévalence de ces variations varie en fonction de l’ascendance ethnique.
Sakuntabhai a conclu: «Le risque génétique particulier conféré par ces gènes indique que les Asiatiques du Sud-Est et du Nord-Est sont très sensibles aux deux phénotypes, tandis que les Africains sont mieux protégés contre la dengue sévère. Les Européens, en revanche, sont moins sensibles à la dengue classique mais plus sensibles à la dengue sévère ».
Cette recherche a offert des idées qui peuvent aider à comprendre la physiopathologie de cette maladie infectieuse et à développer de nouvelles approches thérapeutiques.
Les résultats sont publiés dans la revue PLOS Neglected Tropical Diseases.
La source: ANI
Source de l’image: Shutterstock
Publié le 24 février 2018 à 18h12

